La qualité de vie sexuelle devrait être considérée parmi les besoins de base essentiels des personnes qui y résident
Quelle serait votre réaction si vous appreniez que votre mère ou votre grand-mère, qui vit dans un centre d’hébergement, s’y est fait un ami avec qui elle a une forme d’intimité sexuelle ? Cette idée vous choque-t-elle ? Pensez-vous que les membres de votre famille devraient intervenir ? Croyez-vous que le personnel du centre a fait montre de négligence en permettant qu’une telle chose se produise ?
« La sexualité des personnes âgées est encore un sujet tabou auquel sont associés de nombreux stéréotypes, commente Dominique Giroux, professeure à l’École des sciences de la réadaptation de l’Université Laval. On croit, à tort, que les personnes âgées sont asexuées, qu’elles n’ont pas de désirs ou de besoins sexuels, et on considère négativement l’expression de leurs comportements sexuels. En centre d’hébergement, il n’est pas rare que l’on associe l’expression sexuelle à une forme de désinhibition ou à des problèmes comportementaux. »
La sexualité est une composante importante du bien-être tout au long de la vie, rappelle la professeure Giroux.
« On estime qu’une personne a une bonne qualité de vie sexuelle lorsqu’elle peut adopter des comportements qui lui permettent de répondre de façon satisfaisante à ses besoins physiques, psychologiques et sociaux. »
Les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et les maisons des aînés reconnaissent-ils les besoins sexuels des personnes âgées et que font-ils pour les accommoder ? C’est ce que la professeure Giroux et 7 autres chercheuses et chercheurs ont tenté de déterminer en passant en revue 11 études et 49 rapports, thèses et documents divers publiés sur le sujet au cours des 20 dernières années. Dans un deuxième temps, l’équipe a mené des consultations auprès de 26 personnes vivant ou travaillant dans des CHSLD au Québec.